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Archive pour février 2015

CONTRIBUTION THEMATIQUE

21-02-2015

FEDERATION SOCIALISTE DE MARTINIQUE

 

CONTRIBUTION THEMATIQUE DANS LE CADRE

 DE LA PREPARATION DU CONGRES du P.S.

                                                                                            Juin 2015

‘’LES TERRITOIRES ULTRAMARINS FRANÇAIS

 DANS L’ETAPE CLE DE LA RECONCILIATION ENTRE L’HISTOIRE ET LA GEOGRAPHIE’’

 

Entre la France et les peuples de ses territoires ultramarins (les 5 DOM et les 4 TOM), il est convenu  un indicible contrat « d’histoire commune », de « coopération d’avenir » depuis notamment que la France socialiste de François MITTERAND a voté d’abord en 1981 la Décentralisation,  puis en 2001, sous Jacques CHIRAC  la loi TAUBIRA reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Les tensions ethno-politiques et notamment, les revendications anticolonialistes sont désormais nettement moindres. Les prétentions se focalisent bien plus vers les questions de responsabilité des institutions locales et de leurs élus, de développement économique et social, de respect du droit à la différence culturelle, que vers l’accession à l’indépendance et à la souveraineté.

Dans l’ancienne colonie espagnole Porto-Rico accaparée par les USA en 1898, les référendums qui se succèdent tous les 5 à 10 ans depuis plus de 60 ans, confirment le choix du peuple Portoricain de bénéficier d’une autonomie plus grande, de participer davantage à l’espace caribéen avec en 1er lieu Cuba, de bénéficier du respect de leur identité hispanophone…, plutôt que d’accéder à l’indépendance politique et à la pleine souveraineté. A noter qu’en Martinique les indépendantistes sont en net recul sur l’échiquier politique. La mondialisation depuis 30 ans et les nouvelles politiques des centres auront complètement redéfini leurs relations avec les anciennes colonies. Du modèle centre/périphérie colonial, on est passé  dans le cadre de la mondialisation à un nouveau modèle Nord/Sud et Sud/Sud qui prend du temps à s’affirmer de manière claire, stratégique et politique. Mais pour les Socialistes, ce doit être la direction et la perspective à long terme pour faire triompher nos valeurs humanistes, émancipatrices et progressistes à l’échelle mondiale. On y trouve là, le contenu de la réconciliation entre l’Histoire et la Géographie.

Les mécanismes de déverrouillage du modèle colonial ancien  vers le schéma de développement mondialisé actuel

Dans leur lutte émancipatrice et pour sortir du sentiment d’assujettissement, chaque peuple du territoire français (y compris les anciennes colonies africaines) aura procédé à plusieurs étapes :

  • La première étape fut incontestablement celle de la Liberté pour sortir du système colonial esclavagiste pour les uns, d’exploitations pour les autres. Tous les territoires auront arraché leur liberté. La libération sera obtenue d’abord en Haïti en 1804 servant d’exemple pour les autres colonies (Martinique, Guadeloupe, Guyane en  1848). Ce fut la victoire de la Liberté et la 1ère pierre de l’émancipation de l’homme.
  • Puis dans le cadre de la décolonisation, les anciennes colonies ont revendiqué l’Egalité dans les conditions de vie des populations, la dignité de l’homme  et la justice dans  les relations entre la France et les territoires ultramarins. Cette revendication a été satisfaite dans le système français par la départementalisation,(décret du 19 mars 1946). Elle a trouvé son prolongement par la revendication de la négritude d’Aimé CESAIRE pour contrecarrer toute aliénation et tout sentiment d’infériorité des anciens peuples colonisés. Cette étape s’apparente à un lent processus de conscientisation dans l’éducation, la formation et la culture participant de la fierté de l’homme.
  • En parallèle à la reconnaissance des communautés humaines, se profile la triple question de la conscience de Peuple, l’évolution démographique et le droit à la différence en toute fraternité.

On peut aujourd’hui penser que ces étapes franchies, le système archaïque centralisé de la France a été déverrouillé avec le processus de décentralisation initié par François MITTERAND en 1981, pour désormais donné des relations contractualisées. La mise en convergence des nouvelles modalités de coopération institutionnelle confirme ce nouveau schéma.

C’est le cas depuis le traité de Maastricht en 1995. Il a procédé à l’intégration des D.O.M. dans la construction européenne en tant que Régions Ultrapériphériques de l’U.E. avec des bases institutionnelles dérogatoires clairement énoncées d’abord dans l’article 299-2 du Traité d’Amsterdam devenue article 349 dans le traité de Fonctionnement de l’U.E. en 2008 (T.F.U.E.). De plus, nombres de dispositifs spécifiques ont été créés sous la Présidence socialiste de Jacques DELORS en 1989. Il s’agit notamment des Programmes d’Option Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité (dits POSEI). S’agissant des autres territoires dits T.O.M.  disposant d’une large autonomie dans le cadre de l’article 74 de la constitution française, ils sont intégrés dans la construction européenne en tant que pays tiers bénéficiaires des aides au développement à partir du Fond Européen de Développement (F.E.D.)

Ces éléments mis bout à bout indiquent la réalité du modèle des contrats.

Les mécanismes d’organisation du schéma de développement  actuel

La reconnaissance de l’émancipation des peuples et la stratégie systémique de la gouvernance française, est tout à l’honneur du Gouvernement socialiste présidé par François HOLLANDE d’avoir tourné la page du COLBERTISME. En développant une contractualisation forte avec ses anciennes colonies et des objectifs clairs, le gouvernement donne à ces territoires une meilleure capacité à projeter le made in France sur des zone géographiques réconciliant ainsi l’histoire et la géographie. Le récent accord du 3 février 2015 intégrant la Martinique en tant que pays membre de l’Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale (dit OECS), qui sera suivie d’ici peu par la Guadeloupe, est un exemple symbolique fort.

CONCLUSION :

LA RECONCILIATION ENTRE L’HISTOIRE ET LA GEOGRAPHIE

Le contexte actuel de Gouvernance socialiste française ouvre désormais un champ inédit dans la mondialisation ; c’est l’articulation des schémas gagnant/gagnant Nord/Sud ayant dépassé les archaïsmes du passé colonial et Sud/Sud porteur de responsabilités, d’ouverture et de coopération régionale de développement.

Cette nouvelle perspective ne peut qu’accélérer les progrès humains des sociétés, et démontrer un pas franchi dans la véritable décolonisation des peuples. C’est là le mérite de la vision socialiste universelle que nous défendons et que nous soutenons.

Nous réclamons la poursuite de ce processus

XXème Conférence des Présidents des R.U.P.

12-02-2015

Discours prononcé par Louis-Joseph MANSCOUR, Député Européen Le vendredi 06 février 2015 à Basse-Terre Gpe 20ème Conférence des

Merci Mr le Président,

Mme la Commissaire,

Mme la Ministre,

Messieurs les Présidents des Régions Ultrapériphériques

Chers Collègues Élus,

Mesdames et Messieurs,

 

Voilà déjà 20 ans,

20 ans, c’est l’âge, bien sûr, de toutes les audaces, mais c’est aussi celui de tous les espoirs ; ceux de voir enfin, les institutions européennes apporter des réponses encore plus adéquates à nos problèmes spécifiques.

C’est particulièrement habité par cette confiance, que je participe aujourd’hui, à cet important rendez-vous.

La présence d’éminentes personnalités, dont celle de Madame  Carina CRETOU, que je salue tout particulièrement, témoigne de la place essentielle qu’occupe cet évènement, dans l’approfondissement des relations entre les RUP d’abord, mais également entre elles et l’Union Européenne.

Ce moment important nous offre l’occasion de mesurer le chemin parcouru en 20 ans, grâce notamment à la politique de cohésion et au POSEI. Il serait superflu d’énumérer toutes les réalisations tant ellessont visibles.

Aujourd’hui la question de l’emploi, de l’emploi des jeunes est le point noir, la préoccupation centrale, de toutes les régions, soucieuses du maintien de la cohésion sociale et de la valeur travail, facteur de croissance et de développement.

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, à la faveur de mon expérience récente de député européen, et fort du suivi attentif de certains dossiers, j’ai acquis la conviction que les RUP doivent s’inscrire dans une toute nouvelle démarche.

Il faut résolument aller plus loin dans le partenariat Europe-Etat-Région!

S’interroger sur le concept même « d’ultrapérificité. » Est-il bien ancré dans le corps du traité ? Rend-t-il irréversible l’approche communautaire à l’égard des RUP ?

Avons-nous exploré tous les contours de l’article 349 qui pourrait nous ouvrir tout un champ du possible.

Lors de la 18ème Conférence des Présidents des RUP, Victorin LUREL alors Ministre des Outre Mer, livrait déjà ces réflexions, je le cite:

« … je suis convaincu que nous devons inscrire notre initiative dans une vision renouvelée de la relation entre les RUP et l’Union.

Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est précisément vous convaincre du bien-fondé de cette initiative et vous proposer des voies de progrès, pour peu que nous ayons la volonté politique collective de fonder les relations de nos RUP avec l’Union sur des bases plus équitables pour effectivement tenir compte de leurs vulnérabilités. »

Deux ans après, je souscris totalement, à ses propos, à cette démarche, en capacité de faire valoir les intérêts et les difficultés communes de nos territoires, au sein de l’Europe, et d’assurer véritablement, un traitement des RUP à la hauteur des enjeux de la croissance et de l’emploi.

Aujourd’hui, un nouveau challenge nous attend, et pour les réussir, il faudra bousculer nos habitudes, briser les rigidités de l’Etat-Providence, mobiliser les énergies de tous : Collectivités, acteurs économiques et sociaux, populations.

Les élections en Grèce et leurs résultats sont un bel exemple et un signal fort. L’Union Européenne devra désormais être à l’écoute, et tenir compte du message des citoyens.

Madame la Commissaire à la Politique Régionale,

Je vous sais particulièrement attentive aux problématiques de nos territoires : vos diverses interventions, ainsi que votre feuille de route présentée devant  la Commission de Développement Régional, en attestent largement.

Nous avons besoin de VOUS, pour porter notre voix auprès de vos Collègues du Collège des Commissaires ;  Car, c’est bien cette mobilisation entière dont nous avons besoin aujourd’hui.

Nos RUP sont indéfectiblement liées à l’UE,  et le slogan qui a marqué la toute 1ère Conférence « Nos différences se ressemblent et nous rassemble », est plus que jamais de mise.

Nous sommes persuadés que collectivement nous pourrons réaliser des avancées constructives au bénéfice de nos territoires.

 

Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention