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3ème Forum des RUP / Intervention de Louis-Joseph MANSCOUR

02-10-2014

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Nous avons besoin l’Europe,mais l’Europe a aussi besoin de nous! … »

 

Mr le Président de la Commission européenne,

Mr le Commissaire,

Mme la Ministre,

Messieurs les Présidents des Régions ultrapériphériques

Mr le Président du Comité des Régions

Mr le Président du Conseil économique et social,

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités

Je veux vous dire le plaisir que j’éprouve à prendre la parole ici devant vous pour ce 3ème Forum des RUP.

Je le fais au nom de mes collègues eurodéputés de l’ensemble des régions ultrapériphériques : les Açores, Madère, les Canaries, la Guadeloupe, la Martinique, La Guyane, la Réunion, Saint-Martin et Mayotte, et je les remercie du témoignage de leur confiance et de l’honneur qu’ils me font.

Mesdames et Messieurs,

Votre présence nombreuse et celle de toutes ces personnalités, montre à quel point cet évènement est devenue aujourd’hui une réalité incontournable. Il permet à nos régions, souvent méconnues à Bruxelles, d’être mises à l’honneur.

Nous nous félicitons de constater par ailleurs, que le Parlement européen, espace démocratique, occupe une place privilégiée dans les débats qui vont animer ces deux jours de Forum. C’est somme toute naturel, puisque depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en 2009, notre institution est dotée d’un pouvoir élargi. Elle a d’ailleurs démontré, sur de nombreux dossiers, qu’elle savait être en pointe pour défendre les intérêts des RUP.

Les contraintes spécifiques de nos territoires, réaffirmées par l’article 349 du Traité sur le Fonctionnement de l’UE (TFUE), confirment la nécessité d’une approche particulière. Leurs handicaps structurels ont indéniablement été amplifiés par la crise économique que traverse l’Europe. Le phénomène de la pauvreté a lui aussi pris de l’ampleur. C’est encore plus vrai dans nos régions, où les taux de chômage atteignent des niveaux record : 30% à la Réunion, 25% aux Antilles

Saluons donc le lancement récent de l’initiative européenne pour la jeunesse. Celle-ci permettra la création de la première prestation sociale européenne. Et croyez bien, que ce dispositif sera plus qu’indispensable dans nos territoires où un jeune sur deux est au chômage.

Nous nous réjouissons également de constater que nos régions aient pu bénéficier de 500 millions d’euros supplémentaires au titre de l’allocation spécifique RUP pour la période 2014-2020. Faut-il rappeler, que le contexte budgétaire dans lequel cette décision a été prise n’incitait pas à l’optimisme, puisque dans le même temps et pour la 1ère fois dans l’histoire de l’UE, le budget communautaire est en baisse. Il  s’agit donc d’un signal fort pour nos régions. Nous sommes vos représentants au Parlement européen, nous sommes au service de vos territoires, au service de nos élus, de nos socioprofessionnels. Que nous soyons de la Nouvelle-Calédonie, de Madère ou de la Martinique, nous sommes tous à votre disposition.

Nous sommes conscients qu’il y a encore de nombreux défis à relever. En matière de transport, où il est indispensable de garantir les investissements pour faire face au déficit chronique d’accessibilité dont souffrent nos territoires.

 

Il en va de même pour la recherche, l’innovation, l’énergie, les nouvelles technologies, et le changement climatique. La liste est longue des atouts spécifiques dont disposent les RUP et que l’UE gagnerait à prendre encore davantage en compte : l’aérospatial, les biotechnologies, l’observation des risques naturels, la recherche marine, les énergies renouvelables, la biodiversité. Cette dernière, d’une richesse incommensurable dans nos régions, mérite d’être protégée et valorisée. Il y a en effet plus d’espèces endémiques dans nos régions que sur tout le continent européen.

De plus nos régions sont particulièrement exposées aux effets liés au changement climatique. C’est pourquoi, il est crucial que l’Union européenne traite de manière particulière et adaptée ces questions pour les régions ultrapériphériques, et que les fonds soient à la hauteur des défis à relever pour nos territoires. À cet égard, nous espérons que la Commission européenne proposera très prochainement un texte visant à pérenniser l’action préparatoire BEST qui a été un outil adapté aux spécificités ultramarines.

Alors, vous comprendrez que nous devons faire preuve d’imagination, tout en prenant exemple sur les dispositifs qui ont fait leur preuve. Car le FEDER, le FSE ne pourront à eux seuls, permettre aux RUP de répondre aux objectifs de la politique de cohésion et des stratégies UE 2020 et Horizon 2020.

La première des pistes concerne le traitement institutionnel réservé aux RUP au sein de la Commission européenne, car c’est elle qui a le pouvoir d’initiative législative. Si tout le monde reconnaît le caractère transversal des problématiques de nos régions, l’Unité RUP actuellement intégrée à la Direction Générale de la politique régionale, gagnerait à remonter au niveau de la Présidence de la Commission européenne. C’est ce que notre Conférence des députés des RUP au Parlement européen a récemment demandé au Président Juncker. Il s’agirait d’une évolution majeure qui permettrait d’aborder les dossiers complexes liés aux RUP à un niveau politique, plutôt qu’à un niveau simplement technique, comme c’est trop souvent le cas actuellement.

Seule cette vision transversale permettrait la mise en place d’autres outils de développement adaptés aux RUP, comme le permet l’article 349 du Traité. En cela, le POSEI est un exemple parfait, car, évaluation après évaluation, il démontre toute la pertinence et l’efficacité de ce cadre juridique dédié. La Conférence des Députés des RUP au Parlement européen sera d’ailleurs extrêmement attentive à ce que la réforme annoncée du POSEI ne remette pas en cause la philosophie de base qui a présidée à sa création.

L’intégration de nos régions à l’UE doit tenir compte des défis globaux et locaux propres à chaque RUP. Il est important de renforcer leur insertion régionale. Les liens politiques doivent être accrus avec les  pays ACP et les PTOM qui sont voisins de nos régions, tout comme les synergies entre les instruments financiers européens tels que le FEDER et le FED.

Je terminerai notre propos, en disant qu’au-delà de l’importance du soutien financier ou des innovations règlementaires en faveur de nos régions, c’est de la cohérence dans l’action dont ont besoin les RUP. Car en définitive, que valent ces centaines de millions d’euros, si dans le même temps nombre d’accords de libre-échange conclus par la Commission viennent mettre en péril de nombreuses filières traditionnelles des RUP.

Mesdames et Messieurs, mes chers collègues eurodéputés, nous sommes toujours à l’aube de cette nouvelle législature. De nombreux dossiers importants nous attendent. Je parlais tout à l’heure de la réforme du POSEI agriculture, mais je pourrai tout aussi bien évoquer la fin en 2017 des quotas sucriers, la révision de l’accord de Cotonou, ou encore la nouvelle décision sur l’octroi de mer attendue dans les semaines qui viennent. Nous devrons aussi mettre à profit ces 5 années à venir pour être force de proposition, et concrétiser la création d’instruments spécifiques de type POSEI dans les secteurs de la pêche, des transports, de l’énergie et du tourisme.

Nous avons besoin d’Europe, mais l’Europe a aussi besoin de nous. Notre dimension maritime, notre biodiversité, et l’aérospatial, sont autant de richesse qui font rayonner l’Europe à travers nos territoires.

 

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